Ça va faire du bruit dans Landerneau

Il y a des expressions qui nous viennent directement par héritage paternel ou maternel…C’est le cas de cette expression « Ça va faire du bruit dans Landerneau » que ma mère utilisait et qu’elle transformait complètement car dans mon souvenir elle disait plutôt « Y´a du monde dans Landerneau! ». Je la revois encore, conductrice prudente et mal assurée, à un carrefour et se désespérant de pouvoir se lancer entre deux véhicules « Oh là là, y´a du monde dans Landerneau aujourd´hui ! ». Comprenez : il y a trop de monde, je ne peux pas passer !

Eh bien, ce qui est comique, c´est que l’expression originale n’est pas « Y´a du monde » mais « Ça va faire du bruit dans Landerneau » et signifie : c’est une affaire qui va faire beaucoup de bruit, qui va déclencher des commérages. Rien à voir donc avec la densité de la circulation ou une foule compacte qui ne vous laisserait pas avancer. Et c’est grâce à FrancofiLs que je découvre cette fantaisie de ma mère car je me demandais d’où venait cette expression que j’utilise aussi et je me suis rendu compte qu’elle l’avait transformée à sa sauce, ce qui me la rend d’autant plus attachante.

En tout cas, Landerneau est devenu célèbre grâce à cette expression : petite ville de Bretagne dans le Finistère (répertoriée ici sur wikipédia), elle serait passée relativement inaperçue si la langue française ne l’avait aussi bien intégrée à ses dictons. Pas moins de trois origines semblent expliquer la mention à Landerneau :

  • Une pièce d’Alexandre Duval, écrite au XVIIIème siècle, Les Héritiers, dont un des personnages – un marin – réapparaît dans sa ville natale – Landerneau – alors que tout le monde le croyait mort ; un valet s’écrie alors : « Oh le bon tour ! Je ne dirai rien, mais cela fera du bruit dans Landerneau ! ». Évidemment les héritiers en train de se disputer la succession ne voient pas d’un bon oeil le retour de ce ressuscité et les rumeurs commencent à s’amplifier dans le village…
  • Dans une autre version, on explique que cela viendrait du tir de canon que l’on envoyait au bagne de Brest lorsqu’il y avait une évasion. Le bruit retentissait alors jusqu´à Landerneau et on disait « Ça va faire du bruit à Landerneau »…Soit pour le bruit mais cela n’explique pas la déferlante des potins ceci dit…
  • On trouve aussi la mention du tintamarre (= grand bruit) que les habitants faisaient sous les fenêtres d’une veuve trop vite remariée à Landerneau, et par extension on utiliserait aussi le toponyme « Landerneau » comme nom commun dans les expressions « un Landerneau culturel » ou « Landerneau montagnard » par exemple pour désigner des milieux considérés comme fermés et de haut niveau ayant leurs propres manies, jargons etc.

Bon, à vrai dire, ma mère n’arrivait pas jusque là ou bien elle associait foule et tintamarre…En tout cas, l’expression qui a rendu célèbre la localité vaut à Landerneau la belle occasion d’organiser une « fête du bruit » chaque été. Et même si je sais à présent que l’expression n’est pas tout-à-fait telle qu’elle la disait, je dois avouer que moi je continue à l’employer à sa manière…Et en ce moment en terre catalane, entre les casseroles qui tintent à 22h et les manifestations qui réunissent des foules, on peut facilement jongler de l’une à l´autre Y’a du monde ou Ça va faire du bruit dans Landerneau ! 😉

 

Publicités

1 commentaire

Classé dans Dictons, Expressions, Expressions imagées

C’est la Bérézina !

Je viens de quitter un lieu auquel je suis fidèle depuis mes 17 ans, un village au creux de douces collines. C’est un lieu fondateur pour moi, un écrin de verdure où réside – et ou converge car tous n’y vivent pas – une bonne flopée d’amis, liés entre autres par l’activité d’une association, « Les Nouveaux Troubadours », faisant vivre la culture et l’art en milieu rural. Expositions, musée d’Arts Buissonniers, construction insolite, théâtre, musique, conférences, cirque, marionnettes, littérature…colos et chantiers, tout y est (et j’en oublie) ! J’y ai atterri par hasard comme bénévole sur le chantier un été, puis y suis devenue animatrice puis directrice de camps itinérants quelques années et, de fil en aiguille, je n’ai plus cesser d’y aller et retourner, encore et encore. Un endroit captivant. Ne vous méprenez pas, je ne compte pas transformer ce blog d’expressions en http://www.jeracontemavie.com ou en tranche de pub pour mes amis mais je l’évoque ici comme introduction à ce post sur l’expression « C’est la Bérézina ! » car dans ce village hors du commun, ces personnes que j’affectionne particulièrement ont monté une fanfare, il y a quelques années, et l’ont nommée… »La Bérézina ». Les ayant vu jouer pour les 30 ans de l’association, il y a une semaine, m’est donc venue l’envie d’expliquer ici l’origine de cette drôle d’expression que nous utilisons souvent.

Bérézina – « Oui mais quand ? » s’exclament les curieux qui n’ont pas toutes les dates historiques en tête et ne connaissent pas cette référence – française il faut bien l’admettre. Quand on dit « C’est la Bérézina ! », c’est que tout va mal. C’est le chaos, le désastre, la catastrophe. Les conséquences seront à la hauteur de la débâcle. – « Oh, mais pourquoi ? », demandez-vous encore ! (vous avez vu, j’aime bien faire les voix off…;-)). Cela est lié à Napoléon et à ses invasions européennes. Au printemps 1812, Napoléon Ier lance en effet sa grande Armée à l’assaut de la Russie. Les 500 000 hommes encerclent l’armée russe après avoir franchi le Niémen. Le tsar, conscient de ne pouvoir vaincre l’empereur lors de ces combats décide de pratiquer la tactique de la terre brûlée : Moscou est en flammes lorsque les hommes y arrivent en septembre, et il n’y a donc pas de quoi ravitailler et nourrir toutes ces personnes et les animaux, et le froid arrive.

champDhonneurLaBerezina-4

Extrait de la BD « Champs d’honneur – la Bérézina » – Gloris, Parma

Napoléon décide donc de battre en retraite. Or, l’hiver glacial – mais aussi le harcèlement des Russes – va rendre l’expédition particulièrement périlleuse : fin novembre, la Grande Armée se retrouve face à la Bérézina – une rivière biélorusse  – charriant de la glace. Le général Éblé fait construire deux ponts de bois mais l’armée française a les Cosaques à ses trousses ; résultat : moins de la moitié des assaillis ont pu traverser, tandis que les retardataires ont tenté de traversé la rivière glaciale ou se sont fait emprisonner par les Russes : une véritable Bérézina !

De cette déroute historique majeure vient notre expression pour parler d’un échec cuisant ou d’une situation catastrophique.

Berezina-Tesson

Le terme donne aussi son titre au livre de Sylvain Tesson – un auteur de voyage que j’affectionne aussi particulièrement : il y décrit l’expédition de Moscou aux Invalides à Paris qu’il a faite avec ses amis en side-car, retraçant l’itinéraire de la Grande Armée. Une façon bien à lui de commémorer le bicentenaire de la retraite de Russie. J’ai hâte de lire cette expédition de plus de 4000 kilomètres, certainement ponctuée de mille et une petites ou grandes Bérézina…

Quant à mes amis fanfarons, qui portent le chapeau cosaque (le papakha) et des vêtements rayés noirs et blancs, ils n’ont pas choisi de se nommer ainsi en vue de mauvaise augure pour leur troupe, mais sans doute parce que leur musique vient résolument de l’Est : Caucase, Russie, Balkans…mêlée à des influences locales, d’où leur dénomination d’origine contrôlée de « fanfare slaveyronnaise »…;-)

Berezina1-fanfare

La Bérézina – fanfare slaveyronnaise

Poster un commentaire

Classé dans Expressions familières, Expressions imagées

Sonnez les cloches !

Les cloches de Pâques réveillent mon juke-box interne diffusant chansons ou expressions idiomatiques…« Quelle cloche celle-là ! », « Ce n’est pas le son de cloche que j’ai eu de cette histoire ! », « Il y a quelque chose qui cloche là-dedans… » ou « Je vais lui sonner les cloches tu vas voir ! » sont autant d’expressions où l’on trouve le mot « cloche » sans pour autant que pleuvent dans notre jardin des oeufs de Pâques en chocolat que les petits chercheront avidement…Dommage !

Voyons cependant d’où nous viennent ces expressions et dans quel contexte vous pourrez les utiliser.

  • quelle-cloche-théâtre Quelle cloche ! = Bon, premièrement, sachez que ce n’est pas un compliment d’être une cloche. Quelqu’un qui est cloche est stupide, vraiment pas futé(e), on dit aussi parfois « Quelle greluche ! » (la greluche désignant une femme aux moeurs légères dans les années 1930), ou bien « Quelle cruche ! » (la cruche étant ce récipient contenant de l’eau ou autre liquide et sonnant creux). Pas grand-chose dans la cervelle, en somme !

  • Il y a quelque chose qui cloche = Il y a quelque chose qui ne va pas, qui ne fonctionne pas ou n’est pas normal. Soit dans un mécanisme quelconque soit dans un raisonnement. « Ça ne tient pas debout ton histoire, il y a plusieurs détails qui clochent…! »

  • Sonner les cloches à quelqu’un = gronder, réprimander quelqu’un fortement. « Ne rentre pas à 4 heures du matin sans prévenir, tu vas te faire sonner les cloches ! ». Au XVIIème siècle on trouvait déjà l’expression « faire sonner la plus grosse cloche » pour dire « Faire parler celui qui a le plus d’autorité ».

    se faire sonner les cloches-Christian

    dessin de Christian

 

  • Avoir le même son de cloche ou un son de cloche différent = avoir la même version / interprétation d’une histoire ou avoir une version (ou opinion) différentes sur un même sujet. Pour pouvoir juger d’une situation, il ne faut pas s’en tenir à un seul son de cloche (une seule version) mais bien confronter les avis différents et explications parfois contradictoires. « Victor dit qu’il n’a pas réussi son exam à cause de la complexité du sujet mais je n’ai pas le même son de cloche de ses professeurs : selon eux, c’est qu’il n’a rien étudié depuis longtemps ! ».

  • Être de la cloche = être clochard, personne sans le sou vivant dans la rue. Maintenant on utilise plutôt l’acronyme SDF = Sans Domicile Fixe.

  • Sauter à cloche-pied : quand vous avancez et sautez sur un seul pied. Bon, il faut être un peu cloche pour marcher comme ça…;-) cloche-pied-604018-264-432

De cloche on peut en arriver au clocher (qui les abrite, en haut de l’église) et ajouter l’expression « Ceci est une querelle de clocher » = un problème, des conflits purement locaux, sans grand impact ni importance. Qui ne dépasse pas la petite sphère étriquée d’un village…

querelle-de-clocher_balthazar-2013

dessin de Balthazar-2013

Et, pour les Catalans, faites attention, ne traduisez pas votre « Fer campana » par « Faire la cloche » – non, comme vous l’avez lu, ce serait autre chose (« faire l’idiot/e ») – mais par « Faire l’école buissonnière », c’est-à-dire manquer l’école !

Ce qui, en ce jour de rentrée post-pascal, est évidemment totalement interdit…:-)

2 Commentaires

Classé dans Expressions imagées

Ne pas avoir les yeux en face des trous…

Je vais essayer de faire aussi court que pour le post « avoir du pain sur la planche » (l’expression phare de ce blog) :

Voici des yeux :

yeux

Voici des trous :

trous

(Attention il y a autant de trous différents que de yeux, les images montrent d’ailleurs une collection de trous noirs, mais, plus prosaïques, prenons par exemple aussi les trous du gruyère, très parlant : trou-gruyere

Et voici l’expression « ne pas avoir les yeux en face des trous » = ne pas être bien réveillé, se cogner dans les portes, faire tout de travers, ne pas voir clair, après avoir passé une mauvaise nuit ou bien une soirée trop arrosée. Ou quand on est très fatigué…Les étudiants cherchent souvent la traduction de « estoy espeso » ou « estic espès » en catalan, eh bien voilà « je n’ai pas les yeux en face des trous », ça traduit assez fidèlement cette idée !

L’expression remonterait au XVIIème siècle où on disait « avoir les yeux de travers ». Et ce dessin d’un élève de CM1 sur ce blog scolaire m’a semblé le plus joli pour représenter l’expression :

dessin-yeux-trous-classe-CM1

Et pourquoi cette expression au fait ? Eh bien parce que dans la 13ème semaine sans interruption avant les vacances de Pâques, je crois bien que plus personne n’a vraiment les yeux en face des trous…:-D

Poster un commentaire

Classé dans Expressions imagées

Des torchons et des serviettes…

Un article rapide inspiré par une anecdote récente…

les-torchons-et-serviettes-qui-sc3a8chent.jpgNous étions à Puigcerdà avec ma collègue d’anglais qui, toute Catalane qu’elle est, a pris l’habitude de me parler dans la langue de Shakespeare – pour mon plus grand bien et sa plus noble bénévolence (et totale abnégation auditive…!). En fait, on « switche« * plutôt et on mélange de l’anglais, du catalan et ce qui nous passe par la tête. Nous venions de nous garer et nous étions dirigées vers les ascenseurs – à peu près en même temps qu’une autre femme. Celui que nous avions appelé est arrivé avant et j´ai alors fait un geste et retenu la porte, pensant que la femme allait monter avec nous. Mais non. Détournant le regard, elle attendait sagement « son » ascenseur et ne semblait pas vouloir daigner partager cet espace étroit avec deux inconnues qui parlaient un mélange bizarre de langues…Incapable de trouver l’expression en anglais ou même en catalan, j´ai donc regardé ma collègue et en rigolant lui ai dit en français « Ah je vois…on ne mélange pas les torchons et les serviettes ». Cette expression l’a fait tellement rire qu’elle me la redit presque à chaque fois maintenant quand on reprend ce fameux ascenseur « les torchons avec les serviettes, ah ah… » ! (c’est ça qui est bien aussi avec les expressions imagées, c’est qu’elles donnent le sourire !).

torchon-serviette

Alors, petite explication sur cette expression, telle que je l’ai donnée à ma collègue-co-voiturienne et co-linguiste ce jour-là : les serviettes sont ces carrés de tissus, jolis et parfois brodés (dans les bonnes familles) que l’on utilise à table pour s’essuyer délicatement la bouche après avoir bu ou mangé. Les torchons, par contre, sont ces vulgaires morceaux de tissus qui servent à essuyer les plats et couverts après avoir fait la vaisselle…Donc confondre torchon et serviette est évidemment une faute de goût et il ne vient à l’esprit de personne de mélanger le grossier avec le distingué…Apparemment l’expression viendrait du fait que les nobles utilisaient des serviettes  de table tandis que leurs domestiques se contentaient des torchons (pour la même fonction, aux repas). Donc quand vous dites « il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes », cela revient à dire « on ne doit pas mélanger les classes sociales »…Notre snobeuse d’ascenseur se sentait serviette et nous prenait pour des torchons, en somme !

Ma collègue a vraiment beaucoup aimé cette expression. Je ne sais plus si on avait finalement trouvé un équivalent en catalan ou anglais, si vous la savez n´hésitez pas à la mettre en commentaire !

petits-cochons-via-wallstock-frJ’en ai profité pour lui expliquer aussi l’autre expression qui m’est venue à l’esprit en même temps « On n’a pas gardé les cochons ensemble » que j´avais expliquée dans cet autre post. Eps ! Pas tant de familiarité, on ne se connaît pas, on ne va pas monter dans le même ascenseur…À propos de cochons, je viens de tomber sur cet excellent quizz si vous voulez tester vos connaissances sur les expressions imagées avec le mot « cochon ».

En fait cette situation un peu cocasse m’avait aussi rappelé un voyage en Russie où j’avais remarqué que les gens ne retenaient pas la porte pour la personne arrivant juste derrière eux et où on m’avait aussi fait ce coup de l’ascenseur dans l’immeuble moscovite où habitait l’amie chez qui je séjournais : j’avais retenu l’ascenseur pour une personne que j’avais entendue arriver mais celle-ci avait préféré appeler le « sien » et ignorer mon geste. Quelle froideur !

Finalement notre « serviette » à Puigcerdà était peut-être russe et il se peut qu’il y ait une dimension culturelle qui nous échappe…car en tout cas c’est la seule et unique fois jusqu´à présent que cela nous arrive…

Expression bonus :

  • switcher : le verbe francisé vient de l’anglais « to switch » et du jargon informatique puisqu’ initialement il s’agissait de passer d’un système opératoire à un autre. Couramment maintenant cela signifie simplement passer d’une chose à une autre et ici d’une langue à l’autre. Je me demande si les Québécois, si peu enclins aux anglicismes, ont inventé un autre terme…

Poster un commentaire

Classé dans général

Mais quel plouc celui-là !

Drôle d’idée que la mienne que d’inaugurer l’année avec les ploucs, certes ! Alors avant toute chose, belle et bonne année à tous les fidèles – et même les infidèles – lecteurs de FrancofiLs ! 🙂 Vous vous demandiez peut-être où j’étais passée après vous avoir laissé en plan* avec quelques gestes depuis le dernier post. En général on se dit que lorsqu’on ne reçoit plus de signe de quelqu’un c’est qu’il ne fait plus rien alors que la raison est peut-être justement qu’il en fait trop : tel est mon cas avec une formation de « gamification » dans l’enseignement de la LE qui ne me laisse guère d’autre loisir que de penser à jouer et aux jeux (évidemment dit comme ça, ça ne fait pas très sérieux…) – et les expressions s’accumulent en petit tas tels de jolis rondins de bois près de la cheminée du blog mais je n’ai plus le temps d’allumer un feu ! Et vous vous gelez les neurones, je sais je sais, désolée…:-(

plouc-1

Mais assez parlé, revenons-en à nos ploucs ! Pourquoi, me diriez-vous ? Parce qu’avant Noël, en préparant un cours pour des étudiants B2 avec lesquels on parlait « tendances », j’ai découvert l’origine du mot et j’ai beaucoup ri car je ne la connaissais pas ! Oui, car figurez-vous que le plouc est d’origine…bretonne !!!

plouc-charlie-hebdoMais qu´est-ce qu’un « plouc » d’abord – pour ceux qui ne le sauraient pas ? Il s’agit d’une personne rustre, aux habitudes paysannes – non raffinées donc – se remarquant par son manque de savoir-vivre et d’élégance. Et le plouc est breton car tel que vous le montrera cette superbe petite vidéo de Karambolage en bas de cet article, le mot a été inspiré par tous ces paysans bretons débarquant à Paris au début du XXème siècle et qui venaient à chaque fois d’un village breton commençant par « Plou » quelque-chose : Plougastel, Ploubazlanec, Plouguerneau, Ploumanac’h, Ploumagoar… »Plou » en breton veut dire « paroisse », donc rien d’étonnant à cette multiplication de toponymes en « plou » ou « plo » ou « pleu ». Bref, c’est ainsi que nos modestes paysans bretons (mes arrières grands-parents paternels, pardi !) sont devenus les ploucs des Parisiens cultivés…qui seraient, à présent, les « bobos » (= bourgeois bohèmes) ou autres hipsters branchés.

plouc2Les synonymes de ploucs sont très amusants à l’oreille = péquenaud, pedzouille, balourd, lourdaud…Mais tout cela est bien péjoratif. Car le plouc est out, pas fin, pataud à souhait ! Ce qui est cocasse du reste c’est que les éternels rivaux et voisins des Bretons – les Normands – ont repris à leur compte le terme « plouc » pour créer ces petites affichettes et auto-collants de « Plouc power ». Peu importe, « Ploucs et fiers de l´être », les Bretons ne se laisseront pas impressionner par l’arrogance de ces « Parisiens têtes de chiens – Parigots têtes de veaux » ! C´est « de bonne guerre »*

Je vous recommande cette vidéo explicative sur le mot « plouc » : Vidéo Karambolage plouc

Impression

Expressions bonus :

  • Laisser en plan quelqu’un = abandonner, négliger quelqu’un, alors qu’on devrait s’en occuper (initialement cela faisait référence aux plants – de plantations).
  • de bonne guerre = loyalement, par un procédé légitime de la part d’un adversaire.

3 Commentaires

Classé dans Expressions imagées, Mots à charge culturelle partagée

Un peu de gestuelle…

Isabelle Adjani 2 Isabelle Adjani – actrice française d’origine algérienne par son père et bavaroise par sa mère pour celles et ceux qui ne la connaîtraient pas, disait :

« Dès qu’on parle une langue étrangère, les expressions du visage, des mains, le langage du corps changent. On est déjà quelqu’un d’autre. »

C’est pourquoi je vous propose aujourd’hui quelques petites vidéos pour vous familiariser avec la gestuelle assez typique des Français, associée à quelques expressions courantes ou familières qui vous seront utiles lors de vos prochains échanges (c’est-à-dire, si vous avez perdu le mot ou l’expression, vous pourrez au moins faire le geste ! ;-)) :

  • Gad ElmalehL’humoriste Gad Elmaleh explique à un journaliste américain quelques gestes des Français et la fameuse « tradition » des bises (en anglais avec sous-titres) : Gad Elmaleh explique la gestuelle des Français (je viens de m’apercevoir que je l’avais déjà postée sur FrancofiLs, bon, c’est pas grave vous l’aurez donc en double…)
  • Une autre vidéo, en français cette fois (mais avec des locuteurs au charmant petit accent anglais) illustre bien également ces gestes si répandus : gestes et dialogues

gestes

  • Sur le site de Lucarnefle, on trouve également des fiches pédagogiques à partir d’une publicité amusante d’ Air Liberté où une hôtesse de l’air accompagne par des gestes – comme à l’accoutumé dans l’avion lors des instructions que personne n’écoute vraiment d’ailleurs – des propos hilarants…Puis, il y a un montage avec la gestuelle liée à quelques expressions (vous verrez qu’on retrouve souvent les mêmes d’une vidéo à l’autre) pour bien fixer ces gestes.
  • Si nous avons des lecteurs de FrancoFils anglophones, cette vidéo devrait vous intéresser : il s’agit d’une nouvelle explication, principalement en anglais, où une jeune femme explique assez visuellement et clairement des gestes courants et leurs équivalents linguistiques (en français donc cette fois), tout en faisant quelques comparaisons interculturelles entre nos gestes et ceux des anglais (et vu les résultats de la recherche sur la toile, il semblerait que nos gestes intriguent principalement outre-Manche !), : Gestes français
  • Finalement, si vous voulez réviser les gestes et retrouvez les expressions correspondantes apprises avec les vidéos antérieures, vous pourrez vous entraîner avec cette dernière vidéo : Gestuelle française sans sous-titres

gestuelle française

Voilà, c’est à votre tour maintenant !

Et cet été si vous en avez l’occasion , n’oubliez pas de bien observer vos interlocuteurs et gesticulez allégremment pour communiquer ! 🙂

2 Commentaires

Classé dans Expressions familières, gestuelle