Archives de Tag: expressions idiomatiques

Sonnez les cloches !

Les cloches de Pâques réveillent mon juke-box interne diffusant chansons ou expressions idiomatiques…« Quelle cloche celle-là ! », « Ce n’est pas le son de cloche que j’ai eu de cette histoire ! », « Il y a quelque chose qui cloche là-dedans… » ou « Je vais lui sonner les cloches tu vas voir ! » sont autant d’expressions où l’on trouve le mot « cloche » sans pour autant que pleuvent dans notre jardin des oeufs de Pâques en chocolat que les petits chercheront avidement…Dommage !

Voyons cependant d’où nous viennent ces expressions et dans quel contexte vous pourrez les utiliser.

  • quelle-cloche-théâtre Quelle cloche ! = Bon, premièrement, sachez que ce n’est pas un compliment d’être une cloche. Quelqu’un qui est cloche est stupide, vraiment pas futé(e), on dit aussi parfois « Quelle greluche ! » (la greluche désignant une femme aux moeurs légères dans les années 1930), ou bien « Quelle cruche ! » (la cruche étant ce récipient contenant de l’eau ou autre liquide et sonnant creux). Pas grand-chose dans la cervelle, en somme !

  • Il y a quelque chose qui cloche = Il y a quelque chose qui ne va pas, qui ne fonctionne pas ou n’est pas normal. Soit dans un mécanisme quelconque soit dans un raisonnement. « Ça ne tient pas debout ton histoire, il y a plusieurs détails qui clochent…! »

  • Sonner les cloches à quelqu’un = gronder, réprimander quelqu’un fortement. « Ne rentre pas à 4 heures du matin sans prévenir, tu vas te faire sonner les cloches ! ». Au XVIIème siècle on trouvait déjà l’expression « faire sonner la plus grosse cloche » pour dire « Faire parler celui qui a le plus d’autorité ».

    se faire sonner les cloches-Christian

    dessin de Christian

 

  • Avoir le même son de cloche ou un son de cloche différent = avoir la même version / interprétation d’une histoire ou avoir une version (ou opinion) différentes sur un même sujet. Pour pouvoir juger d’une situation, il ne faut pas s’en tenir à un seul son de cloche (une seule version) mais bien confronter les avis différents et explications parfois contradictoires. « Victor dit qu’il n’a pas réussi son exam à cause de la complexité du sujet mais je n’ai pas le même son de cloche de ses professeurs : selon eux, c’est qu’il n’a rien étudié depuis longtemps ! ».

  • Être de la cloche = être clochard, personne sans le sou vivant dans la rue. Maintenant on utilise plutôt l’acronyme SDF = Sans Domicile Fixe.

  • Sauter à cloche-pied : quand vous avancez et sautez sur un seul pied. Bon, il faut être un peu cloche pour marcher comme ça…;-) cloche-pied-604018-264-432

De cloche on peut en arriver au clocher (qui les abrite, en haut de l’église) et ajouter l’expression « Ceci est une querelle de clocher » = un problème, des conflits purement locaux, sans grand impact ni importance. Qui ne dépasse pas la petite sphère étriquée d’un village…

querelle-de-clocher_balthazar-2013

dessin de Balthazar-2013

Et, pour les Catalans, faites attention, ne traduisez pas votre « Fer campana » par « Faire la cloche » – non, comme vous l’avez lu, ce serait autre chose (« faire l’idiot/e ») – mais par « Faire l’école buissonnière », c’est-à-dire manquer l’école !

Ce qui, en ce jour de rentrée post-pascal, est évidemment totalement interdit…:-)

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Couleur d´automne : marron et châtaigne

À mon père, 

chataigne-lozere-1

Bon, mon arc en ciel est suspendu dans le ciel depuis longtemps…J´en suis désolée.

C´est qu´il avait perdu d´un coup toutes ses couleurs. Pas courant non plus que je dédicace un des articles de ce blog à quelqu´un. Mais aujourd´hui, oui, je le dédie à mon père, qui en était un des premiers et plus fidèles lecteurs. À ma mère aussi, qui devait lire au-dessus de son épaule. Lors d’une des dernières conversations téléphoniques avec mon père, il me parlait de l´article sur « les bleus à l´âme », me disait « Tu vas en mettre bientôt un autre ? ah oui, parce que tu sais, moi, toutes ces expressions , ça m´intéresse beaucoup ! » et je lui répondais « bah c´est chouette, parce que tu vois, c´est fait pour les étudiants à la base et je crois qu´ils s´en fichent un peu, enfin les miens en tout cas… ». Et voilà, la vie me les a enlevés les deux d´un coup sans prévenir, et ma motivation a fléchi sec. J´ai broyé du noir et un peu de toutes les couleurs…J´ai perdu ce lecteur qui fut aussi celui qui m´inspira ce goût pour les mots et les expressions dès petite. Donc plus très envie d´alimenter ce blog-pour-des-étudiant(e)s-qui-ne-le-lisent-pas. Jusqu´au message d´un de mes anciens étudiants à Sabadell, Ivan, actuellement prof d´anglais et de français dans un collège, qui me demande s´il peut utiliser le blog avec ses élèves. Et comment ! Ouf, un rescapé qui me redonne un peu de baume au coeur et assure malgré lui la survie de FrancofiLs…Merci Ivan.

Mais j´arrête là mes bien sombres confidences et reprends ma peinture (jusqu´à Noël, je devrais tenir et je pourrai ensuite me consacrer à d´autres expressions).

Automne = châtaignes au feu de bois…donc intéressons nous à la couleur marron cette fois, de mise pour cette saison. J´en profite pour rappeler la règle de NON accord des adjectifs de couleur dont l´origine est un fruit (des sacs orange, des chaussures marron…).

  • Chauds les marrons ! L´expression renvoie directement au cri du vendeur ou de la vendeuse derrière sa poêle de marrons grillés « Chauds, chauds les marrons ! » mais, par extension, elle fait référence à une affaire délicate, un sujet aussi brûlant que ces marrons tout justes tirés du feu… « La polémique autour de l´interdiction  du voile à l´école, c´est chaud les marrons ! ». A noter que l´on raccourcit souvent l´expression en disant « c´est chaud ! », voire quand une situation se complique ou empire « ça chauffe » (mais là, ça peut vouloir dire…vers la bagarre !).Train Marrons
  • Tirer les marrons du feu : se dit lorsque quelqu´un tire bénéfice d´une situation alors que c´est un autre qui a pris des risques pour lui. tirer-marrons-du-feu
    L´expression entière était « tirer les marrons du feu avec la patte du chat », bien illustrée dans la fable de La Fontaine « Le singe et le chat » où le félin attrape les marrons du feu un à un pendant que le coquin de singe les mange dans son dos au fur et à mesure…
  • se prendre une châtaigne / recevoir un marron : À la fin du Tour de Gaule d´Astérix, arrivés à Toulouse, il y a une scène fameuse où Astérix donne une châtaigne à un Romain. Se prendre une châtaigne ou recevoir un marron, c´est recevoir un coup, en général en pleine figure. On dit aussi d´ailleurs, « se castagner » pour « se battre », « il y a de la castagne par ici », des bagarres. « Se prendre une châtaigne », dans le jargon des électriciens, peut aussi vouloir dire « se prendre une décharge électrique ». La châtaigne étant une spécialité du Sud-ouest (où l´on célèbre aussi dans de nombreux villages « la fête des châtaignes »), il n´est pas étonnant que ce soit à Toulouse qu´Astérix donne le coup final !

    Dans "Le tour de Gaule d´Astérix", Hergé

    Dans « Le tour de Gaule d´Astérix », Hergé

  • un avocat/financier…marron : se dit d´une personne corrompue et malhonnête. De fait, le qualifiant « marron »  s´applique à  toute personne effectuant des activités lucratives illicites, des trafics indignes de sa profession. Du coup…Les hommes politiques…tous marron ?
  • Être_marron_par_Pronto

    Être_marron_par_Pronto

    Être marron veut dire s´être fait duper ou abuser par un malhonnête. « Je ne veux pas me retrouver le marron de l´histoire ! » Et à l´inverse, on trouve « faire marron quelqu´un » = le tromper, le duper, le rouler dans la farine (expliquer une expression idiomatique par une autre expression idiomatique, voici mon nouveau crédo !)

  • Dans le langage journalistique, un « marronnier » est un sujet un peu trivial qui revient régulièrement, à des dates précises et souvent en période creuse (par exemple la rentrée en septembre, les fêtes de Noël en décembre, les allergies au pollen en mai etc…). En ce moment un marronier pourrait être par exemple les illuminations et décorations de Noël dans le paysage urbain…
  • Quant à la châtaigne, on peut trouver l´expression « être pété comme une châtaigne » pour dire « être ivre mort » mais elle n´est pas si courante. On lui préfère « être pété comme un coing » (autre fruit d´automne) ou  « être pété » tout court, qui suffit largement à décrire un état éthylique ayant dépassé toutes les limites. chataigne (1)

Voilà à peu près le tour d´horizon sur cette digne couleur d´automne. Je vous quitte en compagnie de la Fable de La Fontaine, « Le singe et le chat »…

« Le Singe et le Chat » – fable XVII – Livre IX – 1671- La Fontaine

dessin-par-Calvet-Regniat

dessin-par-Calvet-Regniat

Bertrand avec Raton, l’un singe et l’autre chat,
Commensaux d’un logis, avaient un commun maître.
D’animaux malfaisants c’était un très bon plat :
Ils n’y craignaient tous deux aucun, quel qu’il pût être.
Trouvait-on quelque chose au logis de gâté,
L’on ne s’en prenait point aux gens du voisinage :
Bertrand dérobait tout : Raton, de son côté,
Etait moins attentif aux souris qu’au fromage.
Un jour, au coin du feu, nos deux maîtres fripons
Regardaient rôtir des marrons.
Les escroquer était une très bonne affaire ;
Nos galands  y voyaient double profit à faire :
Leur bien premièrement, et puis le mal d’autrui.
Bertrand dit à Raton : « Frère, il faut aujourd’hui
Que tu fasses un coup de maître,
Tire-moi ces marrons. Si Dieu m’avait fait naître
Propre à tirer marrons du feu,
Certes marrons verraient beau jeu. »

Aussitôt fait que dit: Raton, avec sa patte,
D’une manière délicate,
Ecarte un peu la cendre, et retire les doigts ;
Puis les reporte à plusieurs fois ;
Tire un marron, puis deux, et puis trois en escroque :
Et cependant Bertrand les croque.
Une servante vient : adieu mes gens. Raton
N’était pas content, ce dit-on.
Aussi ne le sont pas la plupart de ces princes
Qui, flattés d’un pareil emploi,
Vont s’échauder en des provinces
Pour le profit de quelque roi

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Mettons-nous au vert !

se-mettre-au-vertLe printemps est là, les arbres bourgeonnent, les fleurs s´ouvrent, les oiseaux piaillent parmi les branches…Le décor idéal pour se mettre au vert et parler ici de cette couleur synonyme d´espoir.

En français, « se mettre au vert » ne signifie pas se transformer en martien mais aller à la campagne, partir de la ville pour aller voir de plus près la nature, traverser les prés, observer les vaches etc. Evidemment c´est une occupation de citadins – Parisiens, Lyonnais…, en général au retour des beaux jours.

dessin de Zelda Zonk

dessin de Zelda Zonk

Quant aux ruraux ou néo-ruraux, nul besoin de se mettre au vert puisqu´ils y sont déjà, mais en général ils ont plutôt la main verte ou s´y exercent. Entendre : être doué pour le jardinage, le soin des plantes ou des fleurs ou pour faire un potager. Ma mère par exemple… 😉

Vert = espoir, vert = nature. Le parti politique écolo dans plusieurs pays a choisi évidemment de s´appeler « Les verts », jusqu´ici pas de surprise.

Donner son feu vert à quelqu´un =  l´autoriser à faire quelque chose, le laisser faire. « Max, tes parents te laissent sortir vendredi soir ? – Oui, pas de problème, j´ai eu le feu vert ! »

vert-de-rage-petite-boule-de-nerfs-11071333-dsc03406-f1e5e-c70f4_bigÊtre vert ou verte, par contre, c´est différent. Et ce n´est toujours pas être un Martien ou autre extra-terrestre. « Il a eu un 18/20 à l´examen alors qu´il n´avait rien révisé, je suis verte ! ». Vous comprendrez = être extrêmement surpris/e, déconcerté/e voire dégoûté/e. Oui, en fait, dans l´expression « être vert/e » il y a le sous-entendu d´être écoeuré/e, ressentir une forme de désespoir et de résignation – en général par le résultat ou la situation obtenu/e par quelqu´un d´autre et de laquelle on ne retire aucun bénéfice. Il y a une forme de jalousie donc et d´ailleurs on trouve l´expression « Être vert de jalousie ».

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On s´achemine alors doucement vers l´expression « être vert de rage » et là, c´est quand on est très très en colère. Personnellement je n´ai jamais eu ni le loisir ni l´envie d´observer quelqu´un qui se met dans une colère noire mais je me demande vraiment s´il passe par la couleur verte. Je pense qu´il devient plus rapidement rouge….de colère ! Mais il y a une origine médicale très précise que L´internaute nous livre ici : « Expression familière qui fait référence aux origines de la médecine et au fait que la colère était associée à la vésicule biliaire. Du latin cholera, colère signifiait excès de bile. La bile étant de couleur verdâtre, cela donna naissance à l’expression être vert de colère puis être vert de rage. »vert de rage

Eh bien on en entend et voit des vertes et des pas mûres sur ce blog ! = des choses incongrues, bizarres, scandaleuses, ou bien même licencieuses. Ce « vert » là – remontant au XVème siècle -désignait déjà des propos osés, tandis que le « mûr » se référait à l´âge adulte. Maintenant si l´on dit « il lui en fait voir des vertes et des pas mûres », ça voudrait plutôt dire « il lui fait subir une situation délicate, passer par des choses difficiles ou vraiment étranges et compliquées ».

Voilà je crois que ça suffit pour aujourd´hui. On a commencé par la douce nature printanière pour arriver aux scandales, ah là là…

les-petits-hommes-verts-album-n-2-en-vert-et-contre-tous-de-mallet-pat

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Ah mais si ! Une dernière chose…Les petits hommes verts, cette fois, oui, il s´agit bien des E.T !!! 😀

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Bleus à l´âme

Note : cet article avait été rédigé avant les événements de Charlie Hebdo. Autant dire que depuis, j´ai un certain blues… Retour de vacances, début d´année (meilleurs voeux à tous !), je reprends du poil de la bête (=de l´énergie) et ma palette de couleurs pour ajouter à ce blog quelques touches de ce qui fut (ce qui est encore ?) ma couleur préférée enfant : le bleu.

affiche du Grand Bleu

affiche du Grand Bleu

Commençons par le plus simple : le grand bleu c´est – un film oui… – mais surtout le sujet de ce film, soit l´océan. Cette infinie étendue de mer bleue reflet de ciels cléments où se perd l´horizon inspire en général la paix et la sérénité mais pourtant le bleu désigne aussi plusieurs formes de mélancolies ou de blessures : « se faire un bleu » d´abord qui est l´expression courante quand on s´est fait un hématome – un « bobo » (bleu dans le meilleur des cas parce que cela vire rapidement au violet, au jaune…moins esthétiques). Et puis, par extension, il y a les bleus à l´âme (= bobos de l´âme) ou, en anglais, le blues :

Bleus à l´âme- Sagan

Bleus à l´âme- Sagan

« il a le blues » (= il broie du noir), « cette maman qui vient d´accoucher souffre du baby blues », « Nothing but the blues », dans le dernier opus du grand Léonard Cohen, ah pardon je m´égare, je n´ai pas pu m´empêcher de le citer !!! Par contre, être fleur bleue, ne veut pas dire être mélancolique mais avoir une tendance au romantisme naïf, un peu rêveur et candide. Se raconter des contes bleus en somme où l´histoire merveilleuse se termine toujours bien ! Dans la lignée des pauvres naïfs dont on se moque ou abuse, on a aussi « se faire avoir comme un bleu » = comme un débutant. D´ailleurs « les

avoir une peur bleue-sur-colorieimmagini.blogspot.com.es

avoir une peur bleue-sur-colorieimmagini.blogspot.com.es

bleus » désignent les débutants, les 6ème du collège par exemple – bon d´accord quand on parle des Bleus de l´équipe de foot, on ne veut pas dire exactement la même chose et on ne les taxe pas de débutants mais c´est une autre histoire ! Les bleus – débutants – peuvent aussi  avoir une peur bleue (=une très très grande peur) si on leur fait une mauvaise blague – jouer leur premier match de foot contre les vrais Bleus par exemple…

Mais le bleu est aussi une couleur de haute volée : avoir du sang bleu signifie être d´origine noble. Apparemment cette expression viendrait d´ailleurs d´Espagne où les Rois, passant leur vie sur le trône à ne rien faire, avait une circulation sanguine tellement mauvaise qu´on voyait leurs veines apparaître et leur donner ce « bleuté » de la peau. « Mademoiselle Duchaussois Delcambre de Champvert, avec un nom pareil, doit bien avoir du sang bleu ! ».

bas-bleus

bas-bleus

Puis il y a l´expression être un bas-bleu, que j´avais découvert adolescente dans les mémoires de Simone de Beauvoir sans comprendre à quoi elle se référait. En fait il s´agit d´une expression assez péjorative désignant une femme intellectuelle, une écrivaine plutôt pédante. Simone de Beauvoir, très auto-critique à ses heures, se référait à elle même jeune adulte comme un bas-bleu. Par opposition à ces hautes sphères intellectuelles ou nobles il y a les cols bleus qui désignent les ouvriers, les distinguant alors des cols blancs, qui sont les employés de bureau. Dans certains cas, on revêt d´ailleurs un bleu de travail pour faire des travaux manuels et salissants. Dans le domaine professionnel également, on connaît les casques bleus, qui désignent les soldats de l´OTAN chargés de maintenir l´ordre et la paix. Ce furent d´ailleurs mes premiers étudiants à Budapest en l´an 2000, des officiers  venus de différents pays de l´est ou d´ex URSS qui apprenaient le français pour participer à des programmes de partenariat pour la paix. Un public assez singulier et intéressant, hommes et femmes qui venaient en classe en uniforme (mais sans leur casque bleu !), extrêmement polis et dont je garde de bons souvenirs, même si la terminologie militaire (dont j´ignorais tout) me faisait horreur. Il faut vraiment être flexible dans ce métier, l´air de rien… casque-bleu Quoi d´autre ? Ah, la cuisine ! Être un vrai cordon-bleu c´est être un excellent cuisinier !  C´est aussi une viande panée qui se mange avec une tranche de jambon et de fromage à l´intérieur. La viande bleue ou le steak bleu, c´est une viande très peu cuite (crue à l´intérieur). À choisir, j´avoue que je préférerais avoir un cordon bleu à la maison plutôt qu´un casque bleu ou un bas-bleu ou encore une fleur bleue ou quelqu´un qui a constamment le blues

Audrey-Bourdin-cordon-bleu

Audrey-Bourdin-cordon-bleu

Mais en fait je n´ai rien de tout ça, donc ça résout le problème. Pour terminer en chanson et en continuant ma petite collection de tubes kitsch mais incontournables de notre répertoire français – en lien avec les couleurs ! – voici « les mots bleus » de Christophe (cliquez sur le titre) 😉 Et, avant tout, bonne année, pleine de joie et de couleurs et sans (trop de) blues – à part celui de Léonard Cohen !

Une pensée forte à tous les Charlies, ceux que l´on a perdus et ceux que nous sommes, dans la liberté de dire, de penser, de dessiner, d’écrire…de s´exprimer.

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« M´he quedat en blanc » : comment le traduire ?

Je voulais enchaîner, après le noir-désespoir, sur le blanc rayonnant et puis, croulant sous le travail (pour changer…), mon esprit, comment dire…« s´ha quedat en blanc » ! (expression catalane que je n´arrive pas à traduire exactement). Donc je vais parler de quelques expressions autour du blanc (mais il y en a que j´ai déjà expliqué dans cet article-ci sur l´hiver) mais surtout j´appelle à contribution pour que des âmes généreuses dégotent l´expression la plus proche en français de ce « quedar-se en blanc » : rester…bouche-bée ?  

En attendant, pour le blanc nous avons plusieurs notions :

– la pureté : « être blanc comme neige » (=ne rien avoir à se reprocher) / « la blanche colombe » (que la bave du crapaud n´atteint pas, j´en avais déjà parlé ici – pardon, je m´auto-cite beaucoup ce matin !). Mais c´est aussi le blanc symbole de paix (dresser un drapeau blanc), par opposition au rouge de la guerre.

– l´identité :« montrer patte blanche » (= prouver son identité. Dans le conte des « Sept chevreaux » pour être bien sûr qu´il s´agisse de la maman chèvre et non pas du terrible loup). L´expression vient de la fable de La Fontaine. Mais aussi l´identité ou plus exactement l´identification d´une arme dans « arme blanche » (c´est-à-dire qui n´est pas une arme à feu).

montrer-patte-blanche-sur-le-blog-certainsjours.hautefort

montrer-patte-blanche-sur-le-blog-certainsjours.hautefort

 

une autre patte blanche

une autre patte blanche

 

 

 

 

 

 

– la pâleur quand on n´est pas très en forme ou qu´on a eu peur : « être blanc comme un cachet d´aspirine » / « être blanc comme un linge ». « Oh tu as mauvaise mine mon pauvre, tu es blanc comme un cachet d´aspirine !  Tu en veux un d´ailleurs (de cachet), tu as mal à la tête ? »

être-blanc-comme-un-linge

être-blanc-comme-un-linge

– la franchise : « dire les choses de but en blanc » : « Ah bah il n´y va pas par quatre chemins lui ! Il clame haut et fort ce qu´il pense et dit les choses de but en blanc ! ». Voilà le contraire de l´hypocrisie, peut-être parfois d´une forme de diplomatie, mais au moins les choses sont claires !

 

 

– le manque ou l´absence : « être face à la page blanche » (=page sans texte, en quête d´inspiration), « passer une nuit blanche » (=sans dormir), « un chèque en blanc » (=sans montant ni provision), « une voix blanche » (=sans expression) / « donner carte blanche » (=ne pas donner de consignes précises, laisser toute liberté à l´autre), « un mariage blanc » (faux, seulement pour les papiers), « il y a eu un blanc dans la conversation » (=un silence) ou encore « J´ai un blanc » (un trou de mémoire, un « bug » mental. Le plus proche de « m´he quedat en blanc » peut-être ?).

nuit-blanche

– le bonheur : « manger son pain blanc » = être dans une période heureuse. Ah oui parce qu´à une époque manger du pain blanc, et non pas du pain noir, c´était signe de richesse et d´opulence et donc de plaisir !

J´arrête là pour aujourd´hui car j´ai du pain (pas forcément blanc d´ailleurs) sur la planche (cf cet autre article ah ah !) mais je suis quand-même contente d´être passée du noir de la déprime au blanc du bonheur ! Belle journée 😉

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Noir c´est noir, il n´y a plus d´espoir !

broyer_du_noir_dessin_de_Franquin-all-rights-reserved

broyer_du_noir_dessin_de_Franquin-all-rights-reserved

C´est la réaction et la tête de mes étudiants qui m´inspirent ce nouvel article : ne vous fiez pas au titre « morose », j´ai beaucoup d´espoir concernant mes ouailles, beaucoup plus qu´eux n´en ont me semble t-il ! Mais ils sont tombés récemment sur l´expression « broyer du noir » dans une fiche bête et méchante évaluant leurs connaissances linguistiques et ça les a relativement traumatisés. Le test consistait en questions à choix multiple et, comme ils entament le niveau B2, entre quelques questions grammaticales ou lexicales se glissaient les premières expressions idiomatiques. « Au secours ! » se sont-ils écriés ! (preuve il en est que mes propres étudiants ne lisent jamais FrancofiLs, ah quel drame ! Alors qu´ils répètent constamment qu´ils veulent connaître ces expressions et ces registres ! J´ai toujours été une piètre commerciale et publicitaire de mes propres affaires, soit.) Enfin…pour l´anecdote, la plupart d´entre eux voulaient, spontanément, « broyer du café »…Ça c´est assez littéral et ça ne donne évidemment pas le même résultat ! Car si vous voulez parler de quelqu´un qui est déprimé ou mélancolique, vous direz qu´il broie du noir. Pour visualiser et mieux mémoriser l´expression, je vous propose d´aller faire un tour par ici sur Tv5 pour observer le joli dessin de Zelda Zonk, j´aime (évidemment !) beaucoup cette section « mots et expressions » de la chaîne francophone. Si le noir a toujours été associé à l´humeur sombre (on dit aussi « avoir des idées noires »), il est moins évident de comprendre pourquoi on utilise le verbe « broyer » = écraser, réduire en miettes. L´explication la plus complète que j´ai trouvée sur l´origine de l´expression est donnée par le wiktionnaire dans ces termes : « (XVIe siècle) Au départ, cette expression était utilisée par les peintres qui broyaient leurs pigments pour en faire de la peinture. Par analogie, au XVIIIe siècle, l’image a été reprise par la médecine qui comparait la digestion au broyage des aliments. Comme, à l’époque, on croyait que les humeurs naissaient de la bile noire sécrétée pendant la digestion (d’où est venue l’expression se faire de la bile), on a assimilé les accès de mélancolie à l’estomac qui broyait du noir. Mais ce n’est qu’au XIXe siècle que cette expression a pris son sens actuel de déprimer. » (source complète par ici, merci Wiktionnaire !).

travail-au-noir-dessin-de-Deligne

travail-au-noir-dessin-de-Deligne

Les couleurs étant bien représentées dans le champ des expressions idiomatiques, je me propose d´entamer un petit cycle coloré et je commence donc par le noir, comme ça, la déprime, ça sera fait ! Mais il y a aussi l´expression « travailler au noir », quand le fruit de votre travail et votre salaire ne sont pas déclarés. Expression plus transparente pour les hispano oucatalanophones puisqu´ils ont la même. Cela me renvoie aussi, par association d´idées, aux « travailleurs de l´ombre » (c´est-à-dire dont on ne connaît et ne reconnaît pas le travail) et en particulier aux auteurs anonymes de textes signés par des personnes célèbres. On dit alors qu´ils sont leurs « nègres ». Le terme est connoté négativement et pour être plus politiquement correct on utilise les guillemets ou on parle de « nègre littéraire » car évidemment cela renvoie au sombre passé de l´exploitation des populations noires d´Afrique. « Être le nègre de quelqu´un » c´est donc faire le travail pour lui mais ne pas du tout avoir la reconnaissance ni l´officialité de ce travail. Être exploité en somme. Pas très noble tout ça…

Et de ce noir, couleur générique mais aussi couleur de peau, nous menant au terme « nègre », je terminerai par une autre expression que l´on a également vue hier avec mes pauvres étudiants traumatisés, qui est « parler petit nègre » : là encore, l´expression est née du passé colonial peu glorieux de la France. Le « petit nègre » (aussi appelé pitinègue ou français tirailleur) était ainsi la langue utilisée début XXème dans certaines colonies, et même enseignée aux habitants indigènes dans l´armée coloniale française qui consistait en une version simplifiée du français (ici, citons le linguiste et administrateur colonial Maurice Delafosse qui en a jeté les bases tant sa description est comique : « simplification naturelle et rationnelle de notre langue si compliquée»). Cela donne par exemple : « moi expliquer vous expressions « noir » là ». « Vous y´a comprendre ou y´a pas comprendre ? ». Par ici en Catalogne on utiliserait l´expression « parler indien ». En tout cas, ce « parler petit nègre »n´est pas non plus une expression très noble…Alors qu´il soit au moins rendu hommage ici aux pauvres tirailleurs africains, sénégalais en particulier, venus combattre pendant la première guerre mondiale et morts pour la France ! Qu´il soit dit aussi que les nombreux immigrés recrutés pour la guerre n´ont même pas été autorisés à défiler sur les Champs-Elysées lors de l´armistice. Encore des sacrifiés de l´ombre !… Bravo le pays des droits de l´Homme ! (je sais, cet article va encore m´attirer des commentaires assassins de personnes racistes : eh bien, qu´elles sachent qu´elles n´ont pas droit de cité ici et qu´elles peuvent immédiatement aller voir ailleurs si j´y suis !)

Tintin au Congo, (c) Castermann, 1946, by Hergé, p. 28, all rights reserved

Tintin au Congo, (c) Castermann, 1946, by Hergé, p. 28, all rights reserved

Bon, pour revenir à mes chers étudiants en état de choc, je vous prie de ne plus broyer de noir et de ne pas vous mettre à parler « petit nègre » non plus sous prétexte qu´un linguiste a divulgué cette langue parallèle et puis…Lisez ce blog, que diable !!! Il est quand-même fait pour vous à la base ! Vous verrez que, rapidement, non seulement vous comprendrez tout mais en plus vous verrez « la vie en rose » 😉

Ah et en relation au titre de cet article qui s´inspirent des paroles d´une chanson de Johnny Hallyday « Noir c´est noir », si vous voulez sourire, voici le clip de 1966 (le kitsch ne nous fait pas peur ici 🙂 !) :

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Qui vole un oeuf…

En ce temps pascal où nos coutumes françaises nous amènent  à cacher des oeufs en chocolat dans le jardin pour que les enfants les trouvent (et les mangent) – pour les plus païens…les chrétiens eux peignent de beaux vrais oeufs !, je réfléchis à quelques expressions et proverbes avec le mot « oeufs ». La première qui me vient à l´esprit est celle-ci : « Qui vole un oeuf, vole un boeuf »= quand on commence à commettre un petit délit ou crime (voler un oeuf de poule), on peut vite en commettre un autre, plus important (le boeuf, carrément). Bref, il est facile de tomber dans la délinquance.

dessin Cidö

dessin Cidö

Peut-être que ce proverbe me vient à l´esprit à cause des innombrables mails que je reçois depuis à peu près un mois des candidats à la présidentielle : le premier message que j´ai reçu (de « Nicolas »…) m´a beaucoup surprise (tiens ils envoient des mails maintenant les présidents ?) mais la cerise sur le gâteau ça a été après 10 jours de voyage sans ordinateur ni internet lorsque je ré-ouvre ma boîte mail et découvre un mélange explosif de messages personnels, professionels et « présidentiels » (François Hollande, Bayrou sont les plus fidèles correspondants, Sarko lui frôle carrément le harcèlement ; par contre je n´ai rien reçu d´Eva Joly ni de Jean-Luc Mélenchon, l´une occupée malheureusement à dégringoler dans les escaliers d´un cinéma, l´autre à donner des meetings à Toulouse !), bref cette campagne ultra communicative des e-candidats (les plus branchés s´adressent en effet à leur « chers e-compatriotes »), qu´on le veuille ou non, me fait penser au proverbe « Qui vole un oeuf, vole un boeuf ». Tout ce détour pour dire quoi ? Que je me méfie beaucoup des hommes politiques et de leurs petits (ou grands) larcins. La corruption ne consistant pas uniquement pour moi à détourner des fonds publics ou verser des pots de vin (= verser illégalement une somme d´argent) mais à trahir quotidiennement la confiance et la liberté de ses concitoyens (et autres e-compatriotes) d´une manière ou d´une autre, à droite, à gauche, au centre… Donc, bref, ils peuvent toujours m´écrire, je jouirai quant à moi d´un des principaux droits du lecteur érigés par Pennac : le droit de ne pas lire …;-)

Après cette petite parenthèse électorale, revenons à nos oeufs (prononcez bien « z´oe » = « z´eu » avec la liaison : oeuf au singulier(/oef/ on entend le « f » final – des oeufs /oe/ on ne prononce pas le « f ») : voici un deuxième proverbe : « On ne fait pas d´omelette sans casser des oeufs » = il faut accepter de faire quelques sacrifices pour pouvoir arriver à ses fins et obtenir quelque chose. Je vous laisse méditer ce proverbe tranquillement…

Du côté des expressions, on a bien-sûr « marcher sur des oeufs », assez transparent pour les hispanophones (=agir avec une grande prudence), « mettre tous ses oeufs dans le même panier » (=placer tous ses espoirs dans une même opération, une même affaire ») et, en tombant dans un registre plus familier « Va te faire cuire un oeuf ! » = Laisse-moi tranquille, va voir ailleurs si j´y suis ! Il me semble qu´en espagnol, l´expression équivalente propose quant à elle d´aller se faire frire des asperges…n´est-ce-pas ?

marcher sur des oeufs, école Taché

marcher sur des oeufs, école Taché

Une question me taraude : vous pensez que je peux répondre aux mails de mes chers e-candidats à la présidence de la République Française avec l´une de ces expressions….??? Si oui, laquelle ?

Allez, pour vous mes chers e-lecteurs et bloggeurs, une dernière formule : « Joyeuses Pâques ! » et délicieuse dégustation d´oeufs en chocolat !

image sur le blog De bric et de broc

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