Des fringues, des fripes et des frocs…

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Voilà, la neige est arrivée dans les Pyrénées ! (celui qui me lit depuis Rio de Janeiro rigole doucement, je l´entends d´ici…). Noël approche, il faut mettre une petite laine (= sortir ses pulls, se couvrir), des gants, des écharpes et des bonnets, voire des cache-nez, pour ne pas attraper froid. Bref c´est l´occasion d´un post sur  les fringues (fam) = les vêtements, et de sortir de ma « grève par le zèle » (ça s´est éternisé vous avez remarqué ?). Ça tombe bien, on est en plein dedans (les fringues, pas la grève) avec les 2ème années et mon amie Mélanie – qui doit aussi plancher là-dessus avec ses étudiants – me demandait si FrancofiLs avait déjà abordé le sujet. Et bien non en fait, à part une allusion sur les formules de fin d´année où apparaît l´expression se mettre sur son 31 = s´habiller chic pour une soirée dans cet article (où vous pourrez découvrir pourquoi « 31 » ? https://francofils.wordpress.com/tag/formules-2/). Bon mais il y a de quoi faire sur le sujet donc  voici quelques pistes avec comme entrées : un proverbe, les registres, quelques anglicismes et enfin les expressions :

 * Commençons par un proverbe qui guidera tout le reste :

                                                               L´habit ne fait pas le moine

 = Il ne faut pas se fier aux apparences.

*Et puis, les registres pour voir comment parler de ces morceaux de tissus qu´on doit se mettre chaque matin afin de ne pas sortir dans la rue nu comme un vers :

nu-comme-un-vers-dide-midilibre

1. registre soutenu :

« Voici vos effets, madame Saperlipopette. Vos souliers sont esquintés »

2. Registre standard :

« Voici vos vêtements / vos habits, Madame. Vos chaussures sont abîmées »

3. Registre familier :

V´là vos fringues / vos fripes / vos sapes, m´dam. Vos pompes/grolles/godasses sont destroy ! »

Dans le registre familier, on a aussi  « un fute » ou « un froc »  pour le pantalon, ce dernier se déclinant en locutions verbales du type « prendre ou quitter le froc » (=prendre ou quitter l´habit monacal) ou plus simplement le verbe « se défroquer »  (=enlever son pantalon) mais ne vous aventurez pas à lui enlever son préfixe à ce froc-là pour inventer l´expression « je me froque » par exemple, car jusqu´à présent on n´a jamais entendu cette version-là (mais dans la langue, tout arrive !). Le mot « costume », lui, peut être affublé du suffixe « ard » pour se transformer en « costard » (ex : « il faut bien se saper ce soir, c´est soirée costard-cravate ! »).

* Pour les anglicismes, on est servis : je ne comprends d´ailleurs pas pourquoi le français a adopté tant de mots anglais pour parler fripes (t-shirt, pull, top, baskets, sweat etc), à croire qu´on n´avait rien à se mettre sur le dos  de production locale !!! (ça casse le mythe de France = la mode !). Voici un petit clin d´oeil humoristique à une fashion victim écolo :

fashion-victim

* Du côté des expressions maintenant, une petite sélection :

ChapeauBas

– chapeau bas / tirer son chapeau à qqn = le féliciter, lui marquer son admiration.

– se prendre une veste = subir un échec, en particulier dans le domaine de la séduction.

Teottin-undJeunesse_doreeJWely1900

Un coureur de jupons (= Don Juan, séducteur forcené) doit parfois se prendre des vestes mais cela ne le décourage pas !

faire la manche = mendier.  / « retrousser ses manches » = se mettre au travail.

se faire tailler un short ou tailler un short à quelqu´un = passer en voiture si près d´une personne qu´on lui coupe presque une partie de son pantalon. Par extension, porter atteinte à l´intégrité physique de quelqu´un.

– c´est sa femme qui porte la culotte = c´est la femme qui prend les décisions, a un rôle autoritaire/dominateur dans le couple. Voici une expression intéressante à la fois au niveau de la langue et de la culture. En effet, culturellement elle est assez significative : apparue au XVIIIème siècle, elle est fondée sur le schéma traditionnel en vigueur à cette époque où l´homme devait être le seul détenteur de l´autorité et la femme n´avait qu´à obéir. Que sa femme porte la culotte était donc une inversion des rôles portant atteinte à la domination masculine. Au niveau de la langue, cela nous rappelle que la « culotte » désignait à l´origine le pantalon (pensons aux sans-culottes de la Révolution) : depuis, cette « culotte »-là n´est plus en usage (ou alors elle s´est fait sacrément taillé un short !) et désigne le sous-vêtement…féminin ! Donc oui, ce sont bien les femmes qui portent la (petite) culotte aujourd´hui – au sens littéral en tout cas – ce qui est peut-être un signe que la société évolue au pas de la langue 😉

Allez ça suffit pour aujourd´hui, vous êtes exténués et moi aussi, je prends mes cliques et mes claques (=prendre ses affaires, ses vêtements) et je vais m´en jeter un derrière la cravate ! (=aller boire un verre), ah bah oui que voulez-vous, la neige, le froid, les hivers rudes des montagnes, il faut bien se réchauffer !!!

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Classé dans Anglicismes, Expressions familières, Expressions imagées, Proverbes, registres de langue

Une réponse à “Des fringues, des fripes et des frocs…

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